P9180055La bande anti-UV du génois (en vert sur cette photo), commençait à me faire un peu de peine… Quand j'avais démonté le génois pour le réviser entièrement, je pensais commander un peu de Sunbrella (c'est le tissu qu'on utilise contre les UV), pour refaire cette bande. En effet, avec un génois sur enrouleur, on coud une bande anti-UV sur les deux bords les plus en arrière de la  voile (la chute et la bordure) et, en s'enroulant, cette bande est censée protéger l'intégralité de la voile. Mais on voit bien que sur IRMA, il y a des endroits non protégés, parce que la bande n'est pas assez large…
Il faut peu de temps à une voile pour se faire bouffer par le soleil, surtout sous nos latitudes, et ce problème commençait à me chagriner. Refaire une bande anti-UV me semblait un mauvais investissement, puisque la voile n'est pas vraiment toute neuve et sera sûrement remplacée dans quelque temps.
Après discussion avec Franck, il me conseille de fabriquer une chaussette protectrice. C'est une sorte de fourreau que l'on hisse autour du génois, en le fermant au fur et à mesure, avec une fermeture-éclair. On m'avait déjà parlé de ce système, mais ce me semblait être un truc dont la fabrication était réservée à un professionnel, et j'avais rejeté l'idée d'en faire un, moi-même. Les prix sur le net m'avait arrêté dans la velléité d'en commander un…
PTDC0001Après enquête sur les trois bateaux au mouillage qui ont ce système, après discussion avec Francky et mûre réflexion, il semble que le truc n'est pas si compliqué à faire. On griffone un peu de papier, et la commande de Sunbrella est passée, ainsi que 12m de fermeture-éclair, et une cinquantaine d'anneaux en D.

Tout cela est arrivé avec les voiles de Franck et, comme nous bossions la journée pour assembler sa voile épaisse, je travaillais à faire ma chaussette le soir, ce qui explique les photos assez sombres.
Le sunbrella se présente en bandes d'1m21 de large. Après mesure, je sais que le tour du génois fait 50cm. Pour qu'il n'y ait pas de chutes, je vais mettre les 1m21 dans la longueur de mon fourreau. Je découpe donc plusieurs bandes de 50cm, pour faire la longueur de mon génois, soit dix bandes de 1m21, pour les 12m de ma voile. J'aurais pu commander 12m de tissu et découper dedans une seule bande de 50cm, mais il me serait resté sur les bras une grande bande, et le Sunbrella n'est pas un produit gratuit…
P8230283Il faut ensuite assembler tous ces morceaux entre eux, pour avoir enfin une unique bande de 50cm de large, par 12m de long… Dans mon petit bateau, c'est vite compliqué, mais je m'en sors. Je double toutes les coutures, selon le schéma. Il me faudra deux soirées pour assembler les pièces.
Je couds ensuite les 12m de fermeture-éclair, de chaque côté du tissu. Encore une fois, je double avec soin les coutures. Encore deux soirs de passés !


En une dernière soirée, je finis le boulot : Tout d'abord, préparer la multitude de petites sangles qui serviront à fixer les anneaux…

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Je couds des petits anneaux, au plus près de la fermeture-éclair. J'en installe un, tous les 60cm de haut, de chaque côté.

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Ensuite, tout en haut de la chaussette, je couds une sangle qui fait le tour, ainsi qu'une autre sur laquelle je frapperai une drisse, pour hisser le tout.

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Dans les anneaux, je fais passer en X une petite garcette, qui servira à resserrer sur elle-même la toile, pour qu'elle ne batte pas au vent. Comme il y a beaucoup de frottements, il y a deux cordages différents : un qui serpente dans les anneaux de la moitié du haut, avant de descendre, l'autre qui serre uniquement la moitié basse de la chaussette.

 

 


Je fabrique également un sac, qui sert à ramasser la chaussette à l'affalage, et qui aide énormément pour hisser le bordel, surtout en cas de vent établi.


Pour l'ensemble, il m'aura donc fallu cinq soirées de 4 ou 5 heures de travail, ainsi que plus de 300m de fil à coudre ! Je passais parfois plus de cinq canettes par soir : plus le fil est gros, plus la longueur de canette est petite. Et j'aime bien le gros fil, bien solide…


Mais comment qu'c'est t'y qu'ça fonctionne ?!
Pour hisser, c'est très simple : je fixe le sac en avant de l'enrouleur. Je frappe une drisse sur la sangle cousue, et je hisse sur un mètre, puis je commence à fermer la fermeture-éclair.

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J'attache ensuite une des extrémités d'un élastique de deux mètres au curseur de la fermeture, et l'autre à la chaîne de l'ancre. Il ne me reste plus qu'à hisser la chaussette, et le curseur ferme automatiquement le tube de tissu, l'élastique amortissant les points durs. Le point d'écoute a quelques difficultés à passer, c'est pour le moment le seul problème que je rencontre. Je vais donc devoir diminuer les nœuds de chaise, et faire une simple clef avec une couture, pour amaigrir le nœud.

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Une fois la chaussette hissée, il ne reste plus qu'à tirer sur les deux petites garcettes, pour bien empêcher le tissu de flotter dans le vent, ce qui le détruirait rapidement. En bas, je finis de fermer la fermeture-éclair, et je ferme l'attache de la sangle.

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Mon génois est maintenant bien à l'abri, au chaud !!


Pour affaler, il suffit de choquer la drisse, ainsi que les petites garcettes de serrage, et de tirer vivement sur la chaussette, en ouvrant au fur et à mesure la fermeture-éclair, en prenant bien soin de  ranger le tissu petit à petit dans son sac, en tas bien pensé.
Il y a plusieurs avantages à ce système :
-Vous n'avez plus besoin d'avoir une bande anti-UV collée sur votre voile, elle est donc plus efficace dans le vent.
-Votre chaussette est faite pour un temps, plus besoin de commander des voiles avec une bande anti-UV.
-La toile anti-UV ne s’abîme pas pendant les navigations : Le sac dort tranquillement dans un coffre.
-Possibilité de fabriquer le bordel avec une simple machine à coudre, dans un petit espace, sans connaissances particulières. Coudre une bande anti-UV sur une voile est un tout autre travail.
-Ça épate les filles, ce truc qui monte en se zippant tout seul !
Inconvénients :
-Il faut prendre le temps de hisser la chaussette dès que le bateau va être arrêté longtemps sinon le soleil abîme votre voile. Il faut compter 5 minutes, si tout va bien, pour hisser la chaussette. Certains optent pour un compromis : une bande anti-UV très fine sur le génois, pour les arrêts de quelques jours, et une chaussette pour les arrêts plus longs.
-Il est nécessaire d'avoir une drisse supplémentaire pour hisser la chaussette. La plupart du temps, c'est la drisse de spi qui est utilisée. La poulie de drisse, frappée souvent au dessus de l'étai, est parfaite pour cet usage.
-En cas de départ précipité (mouillage qui ripe, danger imminent), il est nécessaire de tomber la chaussette avant d'envoyer le génois. Il faut compter entre 3 et 5 minutes pour cela, peut-être moins en urgence, c'est-à-dire sans ordonner la chaussette dans son sac.

Et ces bêtes bizarres, le long de ma coque… Si quelqu'un sait ce que c'est, je suis intéressé:

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